Les Églises et l’État se séparent !

Le 9 décembre 1905 est promulguée la loi de séparation des Églises et de l’État. Dans un contexte politique tendu, cette loi met fin au régime du Concordat instauré par Napoléon Bonaparte en 1802.

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L'Indépendant auxerrois, 9 décembre 1905. Arch. dép. Yonne, Per 1041 25.

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Jean-Baptiste Bienvenu-Martin. Arch. dép. Yonne, 151 J non classé 1.

 

Depuis 1802, le culte est organisé selon les dispositions du régime concordataire. Le gouvernement reconnaît quatre cultes : catholique, réformé, luthérien et israélite. Les membres du clergé prêtent serment de fidélité au gouvernement qui les rétribue et met à leur disposition les édifices pour la célébration du culte. La religion "catholique et romaine" est reconnue comme celle de la majorité des français. 
 

La loi de séparation de 1905, encore en vigueur aujourd’hui (sauf en Alsace et en Moselle, qui n'étaient plus françaises au moment de la promulgation de la loi), remet en question ces principes. 
 
Dorénavant, l’État assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. Toutefois, la République n’en reconnaît, n’en salarie et n’en subventionne aucun. 
 
La loi de 1905 est l’aboutissement de plusieurs décennies de combats politiques menés en vue de l’abolition du Concordat. Parmi les évènements importants de cette période figure le discours prononcé, le 4 septembre 1904, par le président du Conseil Émile Combes lors de l’inauguration du marché couvert d’Auxerre. (Un voyage d'Émile Combes à Auxerre en 1904 - Patrimoines numériques Auxerre

C’est une figure bien connue des Icaunais qui dépose le projet de loi et le défend en séance publique. Originaire de Saint-Bris-le-Vineux, où il y décède en 1943 à l’âge de 97 ans, Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, membre du parti radical, député puis sénateur de l’Yonne, est ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, du 24 janvier 1905 au 14 mars 1906. C’est à ce titre qu’il est chargé de l’application de la loi de séparation des Églises et de l’État, jusqu’à ce que la crise des inventaires ne renverse le gouvernement auquel il appartient.

Ce portrait photographique est issu d’un fonds relatif à l’artiste jovienne Émilie Desjeux (1861-1957), qui rassemble des albums de cartes postales, notes et croquis de la peintre, récemment acquis par les archives de l’Yonne. Cette dernière avait reçu en 1906 la commande du tableau commémorant le banquet du 4 septembre 1904, auquel avait participé Bienvenu-Martin. Ce portrait a servi de modèle à l’artiste pour la réalisation du tableau, conservé au musée Saint-Germain d’Auxerre.